Amitié et collègue de travail ?
Un collègue de travail peut-il être et/ou devenir un véritable ami ?
Le genre d’ami qui est la pas seulement quand tout va bien, mais surtout lors de moments difficiles, celui qui ne vous laisse pas tomber quand vous êtes vraiment mal.
Nos positions hiérarchiques étaient égales, dans des services différents mais fortement complémentaires. Pour mener à bien son activité il avait souvent besoin de mon assistance, l’inverse était également vrai mais dans une bien moindre mesure. Disons qu’il avait plus besoin de moi que moi de lui.
Jacques et moi avions le même âge, la même vision de la vie, des passions communes, une façon de travailler identique, donc naturellement le courant est vite passé, nous déjeunions régulièrement ensemble, puis petit à petit nos conversations dépassèrent le simple stade professionnel et débordèrent sur nos vies privés, nos expériences respectives, nous étions en quelque sorte confident l’un de l’autre. Parfois le week-end nous nous retrouvions, nos enfants s’amusaient ensemble. Tout cela c’est fait très progressivement, sur environ deux ou trois ans.
Ensuite, il a été très présent lors de cette rupture douloureuse, une période de ma vie où j’allais vraiment très mal, il n’a pas cessé de me soutenir, de me remonter le moral. Pendant deux mois j’arrivais au bureau tel un zombie, je n'étais pas vraiment au mieux de ma forme !!
Mais avec le recul, tout n’est pas si négatif que ça, cela m’a beaucoup appris sur moi, je pourrais essayer d’imager de la façon suivante :
il n’y a que lorsque qu’on est au fond du trou que l’on sait qu’on a touché le fond, et la, à ce moment précis, on se découvre des ressources insoupçonnées pour vous aider à refaire surface
Quelques mois passent, puis un matin la nouvelle tombe, licenciement économique ! C’est une demi-surprise, mais entre croire cela possible et l’entendre, c’est pas pareil. Bref, une vingtaine de personnes sont sur la liste, moi y compris.
Mon service n’est pas stratégique et je suis parmi les derniers arrivés, alors que Jacques, le sien ne peut pas vraiment être réduit, néanmoins, il doit craindre que ça soit contagieux car il prend ses distances, c’est limite si il répond encore au téléphone. Arrive le dernier jour travaillé, une poignée de main pour se dire au revoir.
Depuis plus aucune nouvelle ........ C’était en Janvier 2006.
Aujourd’hui je pense que le seul intérêt qu’il avait dans cette amitié était les avantages qu’il pouvait en tirer dans son job au quotidien.
Par UnHomme, Mercredi 3 Janvier 2007 à 18:37 GMT+2 dans Relations Humaines (article, RSS)
mais c'est vrai qu'au delà du cadre du bureau on se côtoie peu.




